Nous avons été invités par Pauline et sa famille à partager un weekend à la campagne, au vert, au frais.
C'était pour moi un grand honneur, j'ai bien senti que ce n'est pas souvent qu'elle faisait ce type de proposition et d'en être la
destinataire, ça m'a touché.
Nous sommes donc parti à deux voitures, tous ensemble, vendredi soir. ne halte au resto de la dernière aire d'autoroute avec des enfants ravis
et excités, et des adultes encore intimidés, me semble t'il.
Arrivée de nuit, on boit une tisane en discutant, puis installation tranquille dans un espace familial (ah, le cododo sur des matelas par
terre, c'est vraiment chouette !) et une bonne nuit.
Le temps est incertain mais en s'en fout complètement. Samedi en fin de matinée on se balade dans ces chemins même où Pauline, sa mère, ses
grands parents et ceux avant eux se sont baladés, on aperçoit les maisons des membres actuels de sa famille. Pauline décrit, explique.
J'aime ça : essayer de comprendre les vies des gens...
Le grand père maternel de Pauline : son père l'avait menacé de se pendre à l'arbre devant la maison s'il épousait la polonnaise dont il était
amoureux, et ainsi contraint d'épouser une fille possédant des terres. Il s'était incliné, épousant ainsi une femme qu'il n'aimait pas, croisant celle qu'il aimait régulièrement et la suivant
épouser un ami à lui, ayant des enfants, puis petits enfants (dont une qui, pourrait il, me ressemble, comme me l'a dit Pauline) quand lui a eu ses enfants et ses petits enfants. Il n'a eu que
des filles, ainsi... les terres... enfin... Et puis sa femme, il est toujours resté un décalage, ils ne s'étaient pas vraiment choisi...
Ensuite nous rencontrons François, le frêre de Pauline. Il retape "sa" maison, il est intéressé par l'écologie, et on accroche vraiment bien.
Maison, jardin, son amie est danseuse... j'ai hate de la rencontrer... est ce que les danseuses évoluent ? (je me comprends)
Le repas est simple, convivial.
Samedi après midi, les enfants dorment mais pas tous en même temps alors c'est un peu galère. On va visiter une expo photo mais finalement je
ne verrai que les goutes sur les fenètres de la voiture, et j'aime ça quand même... J'aime la pluie tout autant que la regarder couler le long des carreaux, creusant des sillons inattendus et
continuels. J'y passais des heures, petites...
On finit l'après midi par un gouter dans un salon de thé, Pauline et moi on parviens à papoter, et c'est toujours un profond et vrai partage ;
puis l'achat de chaussures, Pauline une paire, et moi une paire, au moment de la fermeture du magasin. Ravies !
La soirée est chouette aussi ; les enfants s'entendent bien, les "grands" jouent ensemble, les "petits" les suivent et font aussi leur vie,
nous on se détend autour d'un apéro puis d'un repas sympa. La maman de Pauline vient nous dire bonne nuit, on chante en endormant les bébés... Le climat est vraiment tranquille.
Dimanche, pendant que les mamans s'occupent de baigner les enfants et de commencer le repas, les papas partent avec les bébés faire des
courses, on mange puis on part tous les huit et avec François et Sylvie visiter d'autres petits villages. C'est mignon. C'est doux et agréable, c'est convivial, vrai. J'apprécie,
vraiment.
Une discussion avec Sylvie, qui a des expériences intéressantes, en danse, mais non, les danseuses, dans le fond, sont toutes les mêmes (je me
comprends ! ! )
Au retour on passe dire bonjour aux grands parents de Pauline. L'image que je m'étais faite correspond. Une femme qui me semble aigrie et
cassante, un homme jovial. Elle des joues sèches et le sourire inversé, lui de belles joues roses et rembondies, des yeux pétillants. Les enfants vont voir les lapins, nous observons les maisons
et les plantes, la glycine parme, la lavande...
Nous prenons ensuite l'apéro puis nous repartons vers Toulouse, en nous arrétons à la même aire qu'à l'aller.
Dans la voiture, je commence à ressentir du mal au ventre, quelque chose ne va pas sans que je ne puisse dire quoi.
La nuit a été difficile : le mal de ventre m'empêche de dormir.
Au matin, Elià qui avait quelques boutons est plein de pustulles, il a la varicelle. Et je suis vraiment patraque.
Pauline appelle ; son grand père s'est suicidé en se tirant une balle de fusil.
...
...
Il n'avait plus choisi sa vie depuis de longues années, il a choisi sa mort.
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