L'été a débuté, et avec lui des réflexions et des prises de conscience importante, me semble t'il. Sur moi, sur ma famille, sur mes désirs et mes
rèves.
Nino a refusé tout net de rester chez sa nounou vendredi. Il voulait pourtant y aller le matin, mais quand j'ai souhaité partir, non ! Opposition très claire, réfléchie et volontaire. C'est comme ça que nous l'accompagnons depuis qu'il est petit : pour qu'il puisse exprimer ses désirs, ses besoins. Ses refus aussi, donc.
J'ai tendance à penser que ce que nous ressentons est juste. Je fais confiance à mes intuitions, à mes sentiments. Ils me trompent rarement. Pourquoi n'en serait il pas de même avec les enfants,
qui sont encore plus proches et reliés à leurs sentiments ?
J'ai tenté de manoeuvrer, pour dissuader Nino de revenir avec Elià et moi chez nous (pour rappel : Stéphane était absent jusqu'au dimanche) mais rien à faire. Un dernier essai : Ok, tu viens avec
nous, mais franchement, tu vas t'ennuyer, parce qu'Elià dort beaucoup, et on ne pourra pas trop s'amuser, ... Oui : je rentre avec vous à la maison...
Dans la voiture, au retour, j'en pleurais de stress et de fatigue d'avance.
La matinée a été un peu dure ; c'est moi qui étais dure, comme si j'avais quelque chose à lui faire payer... Mais cela s'est passé. Pas si mal finalement, quand j'ai eu mis mon
stress de côté. Après le repas, Nino a voulu téter. J'ai refusé, puis accepté... (que d'incohérences) et il s'est endormi, de 14h30 à 18h30 ! !
Il était tout simplement fatigué. Et c'est pas chez sa nounou qu'il aurait pu dormir ainsi... Faire confiance à son intuition, à ses demandes... Arréter de stresser...
Samedi, nous avions prévu un gouter entre amis au parc du musée des Abattoirs. Nino a fait la sieste, puis s'est réveillé (trop tôt sans doute), très excité. Le gouter était très sympa. Il a fait
du manège, des tobogans, il était ravi. Excité mais ravi.
Dimanche nous étions à Mourrens, près d'Agen, au jardin. Toujours excité mais ravi. Moi : épuisée... et Stéphane est rentré.
Lundi avait lieu notre rencontre "que fait on de notre violence" (enfin, c'est un résumé, le titre ne correspond pas exactement : il s'agit d'un groupe de soutien et d'échange sur la violence :
celle reçue, celle vécu, celle transmise et qu'on ne veut pas transmettre... soutien à la non violence, quoi !)
J'ai beaucoup parlé des gestes de Nino et de nos réactions, de mes réflexions. Ca m'a fait du bien, ça a débloqué quelque chose, d'en parler et d'être écoutée, entendue peut être...
Mardi matin, aux Maternelles, la grande discussion portait justement sur sur la violence des
tout-petits... J'y ai entendu des choses qui ont fait sens. Notamment la nécessité, avant de s'affoler, de porter notre regard sur l'environnement de l'enfant : ses parents, son mode
de garde et la télé.
Ca a fait "tilt"...
Ses parents : OK, ne crois qu'on peut toujours s'améliorer, mais je pense qu'on tient à peu près la route, en général.
Son mode de garde : chez sa nounou, il y a un petit garçon dont les parents se séparent, pas gentiment. Il est mal. Il exprime corporellement et verbalement beaucoup d'agressivité. Nino
revient avec des phrases à lui "je vais te boxer" (son père fait de la boxe) ou "ferme ta gueule" ... Je pense très sincèrement que Nino est affecté lui aussi par les sentiments de ce loulou.
La télé : chez sa nounou, Nino (et les autres enfants) regarde la télé que regarde en fait la fille de la nounou, qui a 17 ans. Elle regarde des séries d'ados, des séries policières, ou encore...
Dragon ball Z. Le dessin animé violent et pas du tout adapté aux enfants de 3 ans. C'est ce que j'ai pu voir,
en allant parfois chercher Nino a des heures "inhabituelles", mais qu'est ce qu'il regarde le reste de la journée ? ? ! ! (je crois que le matin la nounou regarde des séries type Amour, gloire et
beauté !)
Peut être est ce pour cela, les coups que je reçois, les gestes agressifs qu'il manifeste ? Il a toujours été vif et tonique, mais depuis
plusieurs mois, c'est autre chose (et ce n'est pas depuis la naissance d'Elià !)
Je dois préciser ici que j'apprécie beaucoup cette nounou, c'est aussi pourquoi il m'est difficile d'envisager de lui dire que nous n'apprécions pas que notre loulou puisse avoir accès à ces
images à la télé. Elle est très maternante, nous l'avons choisie pour ses qualités d'écoute et de réponse aux besoins exprimés par les tout-petits : quand Nino y est arrivé, elle le portait
en boubou, elle ne le laissait pas pleurer, ... Peut être est elle plus en difficulté ou moins consciente des besoins des bambins ? Peut être est elle un peu dépassée par les trois bambins de 3
ans et celui de 2 ans, maintenant... ? ?
Bref, j'envisage plus que sérieusement que Nino n'aille plus chez elle que ponctuellement (quand j'ai des ateliers de massage pour bébé par exemple, ou des RV où je ne peux pas l'amener). Ca
tombe bien : c'est la fin de l'année scolaire, Nino a trois ans et ira à l'école en septembre...
Comme on a un mois de préavis, tout se goupille à merveille !
Et finalement, bien que je stresse un peu (encore !) je pense que je vais avoir plaisir à passer du temps avec Nino, et aussi à lui permettre d'en passer avec moi et avec son frère...
Les copines du réseau à qui j'en ai parlé ont toutes répondu "présente" pour m'épauler en cas de besoin.
Après ce long printemps, j'ai hâte de commencer l'été !
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